L’artiste genevois présente des paysages imaginaires à Andata.Ritorno
Déserts, dans le sens d’inhabités et peu prodigues en végétation, les lieux évoqués par le Genevois Maurice Castella, dans ses peintures sur bois ou sous plexiglas, ne sont pourtant pas déserts, dans le sens d’arides et de vides.
Ces vastes étendues, où l’horizon ondule lentement, suivant les lignes tracées, mais aussi le mouvement des reflets sur la surface brillante, se présentent comme des territoires de l’âme. Des territoires où semblent glisser des vents qui apportent un air frais et lointain. Sur le bois, la couleur acrylique, très diluée, associée à l’encre de Chine, crée des marbrures, selon les veines semi-apparentes, parfois, des griffures se prêtent à la suggestion de hautes herbes ou de piquets, ou de pluie.
Il arrive que de très petites pièces, inégalement taillées et juxtaposées, permettent à l’horizon de se poursuivre d’œuvre en œuvre, si bien que l’œil habitué finit par en prolonger la ligne sur le mur, au-delà peut-être. Tant cet horizon, légèrement surélevé, fascine le regard, comme une promesse de liberté. Le titre de l’ensemble, d’ailleurs, insiste sur cette notion de paysage qui livrerait un passage plus ou moins secret.
Les œuvres sous plexiglas sont sans doute plus originales et marquées au sceau d’une autre poésie.
Plus vastes représentations d’un passage vers l’ailleurs, vers l’autre côté du miroir auquel renvoie justement l’aspect brillant du support.
Mais voilà que l’artiste en a terni des zones entières, de manière, peut-être, à suggérer que ces lieux propices au rêve et à la contemplation, dont, explique-t-il, les fantômes se sont absentés, n’offrent pas pour autant une vision absolument lisse.
Que derrière la magnificence des aurores boréales et des jeux de nuées subsiste une réalité quotidienne âpre et souvent difficile.



